Un monde, des mondes, des
contradictions, des extrêmes et au milieu, quelque part, peut-être dans un tube
(pourquoi pas ?), l'étoile.
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Si vous cherchez le « pourquoi », intéressez vous surtout au « comment ».
Le problème, ou la question et sa réponse sont les premiers éléments qui viennent à l'esprit quand on parle d'évaluation. Pour évaluer, on pose une question qui peut revêtir plusieurs formes et on mesure la réponse de l'apprenant. On peut aussi, dans l'attente d'une réponse, créer un problème qui doit permettre de déterminer si l'apprenant peut cheminer jusqu'au but qu'on lui a fixé. Le problème et la réponse sont très liés au point qu'ils pourraient se confondre : sans problème, pas de solution et sans solution, pas de problème, ce qui n'est pas sans rappeler un passage d'une traduction d'un poème de Lao-Tzeu.
« ... Etant et n'étant pas s'engendrent, aisé et malaisé se parfont, long et court renvoient l'un à l'autre, haut et bas se penchent l'un vers l'autre... »
Cet extrait, au delà de son intérêt mystique dont on mesure mieux la valeur en lisant l'intégralité du poème, insiste sur l'arbitraire de la séparation qui est exercée entre la question et la réponse. La question et la réponse sont en grande partie la matière que nous allons modeler en exécutant le design d'évaluations. Il est donc important d'en avoir une vision claire et la plus objective pour pouvoir tirer de ses propriétés l'essence de l'objet « évaluation ».
Extrait d'une conférence d'Ettore SOTTASS traitant de l'industrialisation, du design et de la pédagogie.
Publié par kristo à 11:12:39 dans Tubulures | Commentaires (1) | Permaliens
Pour moi, c'est un des plus "gros" épisodes. Il faudrait le faire visionner par tous les D.R.H. avant d'entamer des négociations annuelles ! Tout un quiproquo d'expressions utilisées hors contexte par les deux c... de service. Enorme !
Sire, faites pas l'con. Ouvrez ! On en a gros !
Vous frappez encore une fois sur cette porte et vous prenez un pain chacun...
Moi, j'serais vous, j'vous écouterais. Euh... non !
Vous nous utilisez bon gré mal gré pour arriver sur la fin...
Publié par kristo à 11:33:04 dans Mes films préférés | Commentaires (2) | Permaliens
La rébellion est à tout le monde et nul n'a le droit d'en revendiquer le monopole.
La révolte des alter-mondialistes contre le modèle américain et des libéraux contre les modèles étatistes ; celle des colonisés contre les colons et des colons contre les bradeurs de souveraineté ; celle des soldats contre les colonels qui jouent avec leur vie et des colonels contre les gouvernants qui jouent avec leur honneur ; celle des enfants contre leurs parents et des parents contre leurs enfants ; celle des étudiants contre les professeur qui les désarment devant la vie et des professeurs contre les traditions qui les désarment eux-mêmes ; celle des syndicats contre le patronat et celle du patronat contre l'état ; celle des écologistes contre les nuisances et des paysans contre les écologistes revenus à la terre ; celle des femmes contre les hommes et celle, encore feutrée, des hommes contre les femmes ; celle des foules contre les leaders qui les trompent et des leaders contre les foules qui ne les écoutent pas ; celle des silencieux contre les bruyants et des bruyants contre les silencieux ; et bien entendu, celle de la gauche contre la droite et de la droite contre la gauche sans oublier celle du centre qui tente d'exister. J'en passe et des meilleures.
C'est que l'incendie brule en permanence dans le cœur de l'homme. Il nait avec sa faim, peut être avec sa naissance. Il devient terrible à l'heure de la séparation, lorsque l'enfant est mis au pied du mur : il doit comprendre que le lait de la tendresse humaine ne lui est pas donné pour toujours, qu'on peut le lui refuser, qu'il doit accepter les conditions d'autrui pour avoir quelques chances de faire accepter les siennes ; on peut en mourir ou en devenir fou. Les rescapés, tôt ou tard, sont acculés à affronter les conséquences de leurs choix, à devenir adultes et libres, à rejeter qui les a rejetés, à prendre leurs responsabilités. C'est alors que le feu de la rébellion flambe haut et clair. La sagesse des nations a pris acte du phénomène : on dit partout que la révolte est essentiellement juvénile. Fénelon, prince des directeurs de conscience, pointait déjà « les contestations qui sont si ordinaires aux jeunes personnes peu éclairées ». C'est la vérité ; ce n'est pas toute la vérité. On se révolte encore à 95 ans. Mais la jeunesse est l'âge intense, où tout se bouscule, où tout se théâtralise. « Un enfant, c'est un insurgé » disait Simone de Beauvoir. Forcément, c'est le moment où la sédition se reconnaît avec le plus d'évidence.
Et pourtant, être jeune ne suffit pas. Il y a naturellement, dans la jeunesse, une volonté de conformité, comme un instinct social d'appartenance, un réflexe de survie. Ainsi les émeutes des cités ou les grèves étudiantes n'ont pas les ressorts d'une révolte profonde parce que, loin de combattre un système, elles marquent rageusement la volonté d'y appartenir. Pour les plus âgés, si parfois l'expérience fait naître la lucidité, il y a l'usure, la marque tenace de l'habitude et la protection de l'acquis. « Si tu crains pour ton bien, comment veux-tu faire la révolution ? » disait Renaud.
Si la révolte est au cœur du rêve humain, comme un principe éternel à l'image de la genèse et du « paradis » perdu en échange de la connaissance, la propension à l'exprimer n'a pas d'âge. Que l'on soit jeune ou vieux, le danger, c'est le refus de voir, la fuite.
Les romans, le cinéma, les jeux vidéo ou peut-être tout simplement l'acceptation résignée des convenances sociales sont souvent le refuge du plus grand nombre. Peu de rebelles se mesurent directement avec la réalité. Beaucoup d'entre eux, croyant esquiver l'histoire, cherchent une île, et le plus souvent, ils la trouvent dans une fuite inconsciente, observant la révolte d'un autre, acceptant les contraintes d'un système qui les condamne à ne vivre qu'en fonction des dictats à peine voilés de ce qu'il est convenu d'appeler la raison du plus grand nombre.
« On » ne fait jamais rien. Tel est le pouvoir de l'illusion.
Naturellement, la vie ne peut pas se vivre toute entière sur le mode de l'illusoire. Même les fous reconnaissent l'illusion comme telle, ne serait-ce que par déni de réalité. On peut penser que ce qui définit et cerne l'illusoire, c'est finalement l'instant de la désillusion, que les fous retardent indéfiniment et que d'autres sont bien obligés d'accepter. Mais entre cet instant de terrible lucidité souvent nécessaire et l'instant qui suit, il y a l'homme et ce qui l'habite. Il y a la résignation ou le refus, oscillant entre un référentiel de valeurs et une moralité interne personnelle en passant par cette propension atavique à agir contre l'adversité. Parce que finalement, être un rebelle, c'est refuser de croire au destin. S'insurger, c'est redevenir un enfant, entre la folie et le pragmatisme, c'est penser que tout est possible, encore...
Le révolté, c'est celui qui ne combat pas un système pour y entrer, c'est celui qui lutte pour un nouveau monde. Le révolté regarde l'horizon, c'est celui qui espère plus loin.
Et dans ce monde construit par quelques uns sur un mode linéaire qui nous est présenté comme inéluctable, ce ne sont plus les hommes qui font leurs vies mais la vie qui fait les hommes. Et il ne s'agit pas que de l'évidence de généraux organisant l'oppression contre une population qui n'a plus rien à perdre. Ici, maintenant, la publicité nous accable de stéréotypes, montrant du doigt les déviants, les mal pensants. La télévision nous assomme d'une réalité déformée, prédigérée. Les modes de relations humains ressemblent de plus en plus à un rituel imposé dans lequel nul n'est censé faire son pas de côté. Les riches deviennent très riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Pire, les « élites » se cooptent de plus en plus, parlant désormais leur propre langue adaptée à leur propre univers qu'ils tentent de rendre immuable et universel. Ils sont devenus naturellement aptes à tenir des discours vides, possédant le sens du non-sens et parviennent même à être assez pervers pour cultiver, entre eux et dans leurs écoles, ce don étrange. L'ascenseur social est en panne et les guerres fonctionnent à merveille. Ceux qui sont censés œuvrer pour le commun de tous imaginent un monde sans vision, deviennent arrogants et méprisants dans l'inconscience du bruit qui enfle autour d'eux. Ils ont une volonté fébrile de vider la société de son humanité pour assoir leur pouvoir, entretenant pour les masses l'unique et ardent désir devenu vain de gagner une place à leurs côtés. Le soleil n'a plus une chance de briller pour tous. Il me revient en mémoire ces mots de Céline : « Ce monde n'est, je vous l'assure, qu'une immense entreprise à se foutre du monde. »
Mais soyons confiants. Un extrême attire son contraire. Dans ce pouvoir parfois subtil où la dictature ne s'habille pas que d'uniformes mais aussi de république et de suffrage universel, jusqu'à quel point le pouvoir peut-il être maintenu ? Les révoltés se lèvent comme ils l'ont toujours fait au cours de l'histoire. Un peu partout. Parfois lucides, parfois rageurs mais toujours terribles comme une rupture d'équilibre. Et la rupture, c'est le mouvement.
Alors si la révolte est un signe de progrès, ce que je crois, ainsi un supplément de révolte est révélateur d'un progrès qui s'accélère et l'avenir proche ou lointain ne peut s'énoncer qu'en termes de révolte et de totalitarisme, d'arrogance et d'humiliation. Toujours les deux extrêmes. Le futur, c'est l'hallucination qui rôde en plein présent sous une forme diffuse et malaisée à cerner. Notre quotidien est fait de victoires et de défaites. Nous pouvons concevoir des défaites radicales et des ruptures absolues. Nous le pourrons toujours. Restons éveillés encore.
Insurgés, espérons !
Publié par kristo à 13:06:00 dans Tubulures | Commentaires (0) | Permaliens
Décidément, en ce moment je n'ai d'yeux que pour ce Chilien aux univers multiples, pour ce regard là, pour cette présence grise et noire encore vibrante sous la chimie du vieux papier photo.
Il est toujours là dans ces mots qui grincent comme de vieilles portes qu'on ouvre, dans ces phrases qui emportent comme une bannière qui claque, dans les idées qui enivrent comme un alcool fort, dans le feu du poète éternel qui surprend et menace puis, finalement, qui nous ramène à nous.
Oui, ce type là fait partie de ceux qui ouvrent des portes pour nous. Il fait partie de ces poètes qui libèrent. J'aime ce mec, terriblement.
Et nous, où « mourrons nous lentement » ? Le savez-vous ? Le sais-je ?
Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n'écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.
Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu
Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés
Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.
Vis maintenant !
Risque-toi aujourd'hui !
Agis tout de suite!
Ne te laisse pas mourir lentement !
Ne te prive pas d'être heureux !
Publié par kristo à 20:59:45 dans Les poèsies que j'aime | Commentaires (3) | Permaliens
Je n'avais pas oublié le 24 novembre. Ce poème là, à lire dans tous ces détails est bien plus profond que ce qui aurait pu être dit. Et regarder ce qui n'existe pas...
D'une femme qui fut rencontre fugitive
je conserve le nom bien enfermé : c'est un coffret :
j'en élève parfois les syllabes rouillées
qui grincent tels de vieux pianos désaccordés :
de la pluie surgissent aussitôt les arbres de l'époque,
les jasmins, les deux nattes victorieuses
d'une femme au corps disparu, perdue,
noyée dans le temps comme dans les lentes eaux d'un lac :
ses yeux s'y sont éteints comme charbons en cendre.
Il existe pourtant dans ce qui se dissout
un parfum mort, des veines enterrées
ou simplement la vie au milieu d'autres vies.
Tourner la tête vers - et seulement -
vers la pureté, fleure bon :
tâter le pouls du zénith torrentiel
de notre jeunesse amoindrie :
envoyer rouler une bague dans le vide,
pousser des hauts cris en plein ciel.
Le temps, à grand regret, me manque pour mes vies,
la minime, le souvenir laissé dans un compartiment,
dans une chambre ou bien en quelque brasserie
comme un parapluie laissé sous l'averse :
ces lèvres qu'on ne voit pourraient bien être celles
que l'on entend soudain comme une rumeur marine,
dans une inadvertance du chemin.
C'est pourquoi Irène ou Rosa, Maria ou Leonor,
vides coffrets, fleurs sèches dans un livre
appellent du fond de l'esseulement :
alors il faut ouvrir, écouter ce qui est
sans voix, et regarder ce qui n'existe pas.
Publié par kristo à 17:19:51 dans Les poèsies que j'aime | Commentaires (2) | Permaliens
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L'aurore que j'aime se lève la
nuit resplendissante et n'aura pas de couchant
Al-Hallâj
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