Un monde, des mondes, des
contradictions, des extrêmes et au milieu, quelque part, peut-être dans un tube
(pourquoi pas ?), l'étoile.
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Certains films impriment en vous une marque indélébile. Toujours, ces œuvres là, celles qui entrent en vous, ce sont celles qui soulèvent vos sentiments et vos émotions. Ce sont celles qui vous blessent, vous bouleversent, vous amusent ou vous étonnent.
Parfois, c'est aussi parce qu'elles réactivent en nous des souvenirs cachés, enfouis, patiemment confinés dans les limbes de notre cerveau. C'est un phénomène connu. Une sorte de geste d'autodéfense à un moment de notre vie où ne nous sommes pas prêts à faire face aux évènements et à leurs conséquences. Une période de nos existences qui s'est déroulée comme dans un rêve ou un cauchemar éveillé.
Je me rappelle ce temps là, dont personne n'a jamais rien su, dont personne ne sait plus rien. Les autres qui restent doivent, comme moi, avoir caché tout ça. Mais l'on peut toujours enterrer son passé : ce n'est pas la bonne solution. Il faut l'accepter et en tirer des leçons. « Nul passé ne mérite d'être revécu ». N'est-ce pas ?
J'étais jeune alors. J'étais fait de métal. J'étais invincible, dans une forme physique supérieure à la moyenne. J'étais un fauve, élastique et dangereux. J'ai aimé être cela. Je crois que je me posais peu de questions.
Ce pouvoir étrange, ces sensations malsaines... Je lisais la peur dans le regard des autres et cela me renforçait. Je me nourrissais de cette émotion addictive. J'ai aimé l'adrénaline provoquée par la mort toujours proche et ce sentiment de triomphe lorsqu'elle s'éloignait, ayant frappé ailleurs, juste un peu plus loin. Je m'enorgueillissais de mon aptitude, de mon instinct à pouvoir, d'un geste lucide et technique, avec une sérénité méthodique, avoir le choix de donner la mort ou pas... J'aimais le contact rassurant du fusil contre mon épaule. Le bruit occasionné par le mouvement synchronisé de ses pièces d'acier poli m'apaisait. J'étais un prédateur et il m'a fallu du temps pour considérer la conscience de la proie. Il m'a fallu du temps alors pour assimiler que le mal était dans l'inconscience des conséquences, dans l'immoralité des justifications et dans l'enfer de la manipulation.
C'était un autre temps et un autre pays que dans le film. Mais tout le reste est la même chose. Etrange d'ailleurs de voir les similitudes. La peur, le courage résigné, les amis et les ennemis qui tombent. La fille qui est censée vous attendre et à l'image de laquelle vous vous rattachez comme à une planche en pleine mer. Les balles qui sifflent, le coup de feu que vous entendez une éternité après avoir été touché. Il y a la douleur, le plaisir malsain, la haine et la folie. Il y a aussi les gestes simples, l'amitié, le dévouement et la compassion. Il y a la nature autour, indifférente, comme un spectacle surréaliste dans sa beauté, dans sa force et sa capacité à garder la vie. La guerre exacerbe tout ce qu'il y a d'humain en nous, le pire comme le meilleur. C'est bien là son seul intérêt.
C'est à croire que dans ces moments là, ceux qui les ont vécu finissent par considérer les mêmes visions. Ils atteignent souvent la même « ligne rouge ». J'étais alors un peu plus dans la peau du personnage de Sean Penn et comme pour lui, le vrai déclic s'est fait après l'irrémédiable. L'étincelle a jailli alors que la nuit fut tombée ailleurs, injuste...
Je regarde ces épaulettes dorées et le joli croissant de lune qui garnissent les gallons. Je les avais gardées comme un trophée. Je revois le visage de cet officier dont je ne comprenais pas la langue, les yeux basculant dans la mort, emplis d'une terrible lucidité. Je revois ce passage court, de la vie à l'absence de vie. Un voile dans le regard... Je garde aujourd'hui ces gallons comme un remord, comme un mémorial personnel à l'inconscience.
Alors à toi comme pour les autres, à vous tous qui étiez là, à vous tous qui êtes encore dans cet enfer, un peu partout dans le monde, notre seule chance est de garder l'étincelle.
Soldats : pardonnons-nous. Que pourrions nous faire d'autre ?
Ne jugez pas, vous qui lisez cela. Vous n'en n'avez ni le droit ni la légitimité. Nous même ne parvenons pas à le faire. Ou est le bien, ou est le mal ? Le chaos seul reste le maître. Qui donc pourrait peser les âmes à part Dieu ou ce qui peut lui ressembler ? Regardez et tournez votre oeil intérieur sur ce que vous auriez fait vous-même. Ne cherchez pas de réponses.
De ce temps là, j'ai sauvegardé ma capacité à m'émouvoir et j'ai gardé l'acuité de mon regard, posé, non plus sur la mort mais sur l'incroyable et fascinante beauté de la vie. Depuis ces instants là, je ne crois fondamentalement plus qu'en la vie et en l'au-delà des formes incarnées. Cette expérience m'a transformé. C'est déjà ça !
Je sais que j'en garderais toujours le souvenir amer, mais il y a encore de la place pour la rédemption, la douceur envers soi-même et les autres. Il y a encore des temps pour le rire, la légèreté, l'émotion et l'amour. Il y a du temps pour la vie, pour l'instant présent !
Les extraits du film que j'ai (mal) montés sont ceux qui évoquaient le plus de choses en moi. Les dialogues et les monologues sont magnifiques et sincères, éprouvés sans aucun doute. C'est la raison pour laquelle j'ai légèrement transformé la bande son. Voilà...
Tout est un mensonge. Tout ce qu'on entend, tout ce qu'on voit. Il en dégueule de partout. Ca n'arrête pas. Un mensonge après l'autre. T'es dans une boîte, une boîte qui se déplace. Ils veulent que tu meures ou que tu mentes avec eux. Il n'y a qu'une seule chose à faire : trouver quelque chose qui est à soi. Se fabriquer une île. Si je ne te revois pas dans cette vie, que j'en ressente le manque. Jette moi un regard, et ma vie sera à toi.
De la lumière aux ténèbres, de l'amour au conflit, ce sont les œuvres d'un même esprit, les traits d'un même visage. Oh, mon âme, recueille moi maintenant. Regarde à travers mes yeux les choses que tu as créé. Tout est lumineux !
Publié par kristo à 12:34:23 dans Tubulures | Commentaires (3) | Permaliens
Ces murs étaient beaux,
Immobiles et sensibles
Dans la réfraction des possibles
Et des infinies lumières.
Pourquoi ces choses étaient
Elles là, dans ce hasard fragile ?
A cet instant ? Sans doute
Pour que, simplement, je les voie.
Publié par kristo à 22:31:37 dans Poèsies persos | Commentaires (4) | Permaliens
Kaamelot, c'est une série qui me fait pleurer de rire. Vraiment. Quand je n'ai pas le moral, il me suffit de regarder quelques épisodes et, Hop ! Le pied quoi ! Alors j'ai décidé de mettre sur ce blog quelques uns de mes épisodes favoris.
Celui là met en scène Perceval (le bourrin de service) qui explique les règles d'un jeu de cartes... Le premier qui arrive à y jouer ... je lui paye un Pastis!
Publié par kristo à 13:48:32 dans Mes films préférés | Commentaires (2) | Permaliens
Blade Runner est un film américain de science-fiction de Ridley Scott sorti en 1982. L'histoire est très fortement inspirée du roman Do Androids Dream of Electric Sheep ? (Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?) écrit par Philip K. Dick en 1966.
Ce film est une fable sur la vie et la mort, la création à la recherche de son créateur, le désir de vivre et le mystère de l'âme. Le tout dans un monde futuriste et glauque, privé de lumière, sous une pluie incessante. Des courses poursuites qui s'enchaînent. Des images tissées d'ombres et des cadrages oppressants.
Un film culte de Ridley Scott. La scène ci-dessous est, pour moi, la plus significative du film.
Rudger Hauer y campe le dernier « réplicant » (robot hyper sophistiqué ) ayant échappé à sa servitude pour venir sur Terre à la recherche de ses concepteurs. Après avoir perdu ses compagnons abattus par le « Blade Runner », Harisson Ford en flic désabusé, il finit là sa course contre la montre pour échapper à la programmation de sa mise hors service imminente. Sachant sa mort toute proche, il choisira de laisser la vie à son ennemi, faisant ainsi preuve de son humanité. Une scène emplie de poésie.
Publié par kristo à 03:51:41 dans Mes films préférés | Commentaires (0) | Permaliens
Jean Claude : tu as raison ! Il y a des gens qui parlent mieux mais qui n'abordent pas le fond. Toi, il te manque la forme mais au moins, on peut rire en réfléchissant. Et si c'était une nouvelle façon d'enseigner la philosophie ? Finalement, c'est peut être plus explicite que les conclusions d'une fable Zen !
Jean Claude, si tu lis jamais ce post :
je cherche l'endroit ou ça ne fait pas mal quand on pince.
Publié par kristo à 10:44:38 dans Tubulures | Commentaires (1) | Permaliens
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L'aurore que j'aime se lève la
nuit resplendissante et n'aura pas de couchant
Al-Hallâj
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