Un monde, des mondes, des
contradictions, des extrêmes et au milieu, quelque part, peut-être dans un tube
(pourquoi pas ?), l'étoile.
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J'avais besoin de travail, de beaucoup de travail, de consistance existante et de conséquence substantielle.
J'ai voyagé un peu. Quelques jours à Berlin, d'autres à Bruxelles. Et puis un peu de mer, de soleil couchant, de fraicheur marine et de côte normande. Plonger dans des univers différents, dans d'autres vérités. Regarder et observer d'autres architectures, d'autres comportements. Jouer au Français typique. Voir la terre d'en haut, entre les ailes d'un oiseau de métal, voir la terre défiler, entre des rails qui ne se rejoignent jamais.
Sentir la translation, le mouvement, l'espace. Se sentir soi-même, dans cette dynamique. Voir d'autres gens, entendre d'autres sons. S'amuser sans questions. Eprouver simplement l'existence et l'émotion. Parler, échanger, toucher, voir, enseigner, aider.
Besoin de réalité. Besoin d'avoir l'impression d'influer un peu sur les évènements. Organiser, prévoir, budgeter, former, créer, s'illusionner. Besoin de faire des choses connues et reconnues, faire et défaire, construire, exercer son métier. Se concentrer sur ce que l'on sait faire. Se bercer de cette impression de réalisation.
Ne plus penser aux étoiles, aux feux sous la terre, à l'aérienne beauté des vents. Oublier quelques instants la quête pour retrouver l'humilité et se sentir vivant à la façon des hommes qui courent toujours. Retrouver l'illusion de l'ego et avoir pour lui les yeux attendris du grand-père qui regarde son petit-fils, ce regard que l'âge et l'expérience autorisent face à la turbulence du spontané. Retrouver la liberté familière de vivre comme les autres. Oublier un peu...
Et je reviens, différent et semblable. Et ce passage du Tao-te king :
Ne connaissant pas son nom,
Je le nommais « TAO ».
Je m'efforce de l'appeler « grandeur » .
La grandeur implique l'extension.
L'extension implique l'éloignement.
L'éloignement exige le retour.
Merci à vous de votre attention à l'absence. Mon ego s'en flatte et, nom de Dieu, c'est bon l'ego, parfois !
Publié par kristo à 11:25:13 dans Humeurs | Commentaires (6) | Permaliens
1ère scène
Une foule bigarrée, compressée, angoissée, à la fois résignée et impulsive a investi les alentours d'un arrêt de bus. Un peu comme la marrée recouvrant les bouchots alignés sur les côtes de Vendée... Bon, la moule, elle s'en fout. Elle a une conscience de moule. Là, non. Pour les hommes et les femmes, le monde bascule, les habitudes s'écroulent, le futur devient d'un coup totalement imprévisible, insondable. Les questions simples n'ont plus de réponses. Puisque nous ne supportons plus la pourtant normale incertitude de nos vies et que, dans le même temps, nous ne nous posons plus comme acteurs de notre propre destin, voilà que nous avons peur. « Je vais arriver en retard. Serais-je seul ? ». Alors on guette d'un regard le regard inquiet de l'autre. « Celui là ne va pas être en avance non plus » . Ouf, on ne sera pas seul ! Ce retard sera assumé collectivement, nationalement, presque anonymement. Ce soir, on écoutera les infos pour se rassurer et se dire que, décidément, on n'aurait jamais pu arriver à l'heure. Et puis, on a fait un effort nous ! Les collègues ont posé des RTT, les feignants ! Ainsi, nous pourrons à nouveau rentrer dans la norme rassurante du quotidien, dans la foule des gens qui font pareils, pas bien.
2ème scène
Sur le bord de la route, 1 jeune femme tente de faire du stop. L'automobiliste arrêté dans l'embouteillage ne peut faire autrement que d'accepter la discussion. La vitre électrique descend (enfin, pas jusqu'en bas quand même, on ne sait jamais !). « A Nanterre ? Euuuuhhh. Oui, enfin non... pas vraiment. Ca avance devant. Bon courage ». La voiture redémarre nerveusement pour effectuer les 7 ou 8 mètres la menant dans le pare-chocs du véhicule précédent. Derrière, la blonde décolorée au volant de sa Cooper « S » parle depuis 10 mn au téléphone avec des expressions hystériques. Elle voit la jeune femme et le geste du pouce levé. Elle accélère en faisant bien attention à ne pas croiser son regard. Les pneus gémissent sur le bitume et ils gémissent encore un peu plus loin, au freinage, dans le cul de M. « Bon courage ». La peur, l'ignorance, la bêtise... Terrible.
3ème scène
Je marche en compagnie de 4 femmes qui, comme moi, se sont résignées à faire quelques km de marche. L'une d'entre elles, enjouée, hèle un bus privé rentrant au dépôt, vide de tout passagers. Le conducteur s'arrête. Devant la spontanéité et le joli minois de la demoiselle, il craque. « Oui, allez, montez, je vous dépose ! » Et nous voilà à 5 dans ce bus de 60 places, hilares de nous en tirer comme cela. 20 mn de plaisanteries échangées avec le chauffeur et nous voilà arrivés. Les filles pouffent, le charrient gentiment et lui font une multitude de bises. Il est rouge, étonné et ravi. Moi, je lui serre la main et lui dit un vrai grand merci avec toute la chaleur dont je pouvais faire preuve. Dans ses yeux, je vois la jolie lueur de celui qui a fait quelque chose de bien pour les autres. Cette petite action altruiste qui nous rend plus grands, qui nous éclaire à l'intérieur. La journée commençait mal. Finalement, je descends heureux, vraiment.
J'entre dans mon bureau en sifflant. Je constate avec stupeur que je suis arrivé plus tôt que les autres jours !
Publié par kristo à 16:26:27 dans Humeurs | Commentaires (9) | Permaliens
Merde! Quel match ! Plus de voix! Cassée à force d'avoir vibré devant l'émotion. Mon fils aîné et moi nous sommes plus embrassés en 80 mn que pendant toute une année. Comme quoi le rugby est un sport de grands émotifs !
L'homme chevelu n'était pas au rendez-vous des blacks. On a vu une vraie équipe de France, soudée. Pas brillante certes... Elle ne développait pas ce jeu lumineux, ouvert sur la ligne. Mais si les plaquages étaient parfois ratés, il y avait toujours un copain en couverture pour arrêter l'élan néo zélandais.
Bravo, vraiment. Le « figting spirit », le vrai, celui qui fait tenir les lignes et la cohésion, celui qui fait résister à l'impact, celui qui permet de dépasser les crampes, les doutes, la peur. Cette volonté là, cette abnégation, cette cohésion devant les interminables « pick and go » des blacks... Oui, tout cela était du côté Français. Merci Michalak (on ne le dit pas assez !) Chapeau !
Comme quoi, quand on veut prendre son destin en main, tout est possible. Formidable démonstration !
Le bleu nuit (ma couleur préférée) vous va décidément bien!
Et merci, vraiment les gars !
Publié par kristo à 12:28:32 dans Humeurs | Commentaires (4) | Permaliens
Le 9 octobre, cela fera 40 ans qu'Ernesto Che Guevara aura été exécuté en bolivie. Hier, sur une chaîne publique, une rétrospective sur le rôle joué par Cuba dans son soutien aux mouvements de libération africains le mettait en scène, démuni face au manque de détermination et à l'acculturation politique des guérilleros Congolais. Cet homme était en décalage avec la réalité du monde.
Certes, le personnage peut être critiquable sous bien des aspects et l'icône révolutionnaire dont il fait aujourd'hui l'objet est souvent le fait de personnes n'ayant que très peu, voir aucune connaissance des faits historiques. Oui, le Che était un peu comme notre Robespierre. Un pur et dur avec ce refus de la compromission . Un homme dangereux suivant une obsession idéologique qui, sans Castro, aurait sans doute plongée Cuba dans une mer de sang.
Oui, il était cet absolu, séduisant, insoumis, fier, chercheur de vérité. Oui, mais les chercheurs de vérité absolue finissent absolument en monstres.
Aujourd'hui encore, il est des exemples où la terreur habillée de religiosité vous regarde avec des yeux de saint, presque avec douceur.
Oui, l'emblème « Che Guevara » m'a toujours séduit. Beau, jeune, combatif, courageux et monstrueusement altruiste. Oui, je pense qu'il était sincère mais à trop vouloir imposer sa sincérité, on ne tient plus compte de celle des autres.
Le Che fait partie de ces fantasmes qui, un jour, prennent corps, dans leur démesure. Sans doute la démesure n'est-elle pas la vérité et encore moins l'objectif de la vie.
Ernesto est mort, un 9 octobre 1967, échouant dans sa dernière quête. Lâché, dénoncé, traqué puis abattu. Il ne méritait pas qu'on lui enleva de finir en seigneur. Sur cette photo, le voilà exposé comme une bête, un trophée de chasseur entre les mains des officiers boliviens. Cela sonne le dérisoire et semble aussi ridiculement minable qu'une tête de cerf dans un salon aristocratique !
Mais le mythe a survécu. Alors tant pis pour l'histoire. Ce que la légende fait de lui est finalement plus beau que ce qu'il fut réellement.
Il aurait aimé... je crois.
Hasta siempre Comandante !
Publié par kristo à 15:19:51 dans Humeurs | Commentaires (0) | Permaliens
« La révolution n'est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une oeuvre littéraire, un dessin ou une broderie ; elle ne peut s'accomplir avec autant d'élégance, de tranquillité et de délicatesse, ou avec autant de douceur, d'amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d'âme. La révolution, c'est un soulèvement, un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre »
Mao tsé-toung.
Ca se discute... Mais cette phrase me tourne dans la tête à chaque fois que je constate l'injustice, la manipulation, le prosélytisme politique et surtout la grande finance éthérée et triomphante.
Publié par kristo à 15:41:09 dans Humeurs | Commentaires (0) | Permaliens
L'aurore que j'aime se lève la
nuit resplendissante et n'aura pas de couchant
Al-Hallâj
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