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Etoiles et tubes ?

Un monde, des mondes, des contradictions, des extrêmes et au milieu, quelque part, peut-être dans un tube (pourquoi pas ?), l'étoile.

Vos avis m'intéressent !

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Le problème et la question. | 19 décembre 2007

 

 

Si vous cherchez le « pourquoi », intéressez vous surtout au « comment ».

 

Le problème, ou la question et sa réponse sont les premiers éléments qui viennent à l'esprit quand on parle d'évaluation. Pour évaluer, on pose une question qui peut revêtir plusieurs formes et on mesure la réponse de l'apprenant. On peut aussi, dans l'attente d'une réponse, créer un problème qui doit permettre de déterminer si l'apprenant peut cheminer jusqu'au but qu'on lui a fixé. Le problème et la réponse sont très liés au point qu'ils pourraient se confondre : sans problème, pas de solution et sans solution, pas de problème, ce qui n'est pas sans rappeler un passage d'une traduction d'un poème de Lao-Tzeu.

« ... Etant et n'étant pas s'engendrent, aisé et malaisé se parfont, long et court renvoient l'un à l'autre, haut et bas se penchent l'un vers l'autre... »

Cet extrait, au delà de son intérêt mystique dont on mesure mieux la valeur en lisant l'intégralité du poème, insiste sur l'arbitraire de la séparation qui est exercée entre la question et la réponse. La question et la réponse sont en grande partie la matière que nous allons modeler en exécutant le design d'évaluations. Il est donc important d'en avoir une vision claire et la plus objective pour pouvoir tirer de ses propriétés l'essence de l'objet « évaluation ».

Extrait d'une conférence d'Ettore SOTTASS traitant de l'industrialisation, du design et de la pédagogie.

 

Publié par kristo à 11:12:39 dans Tubulures | Commentaires (1) |

REBELLE ! | 04 décembre 2007

 

 

La rébellion est à tout le monde et nul n'a le droit d'en revendiquer le monopole.

La révolte des alter-mondialistes contre le modèle américain et des libéraux contre les modèles étatistes ; celle des colonisés contre les colons et des colons contre les bradeurs de souveraineté ; celle des soldats contre les colonels qui jouent avec leur vie et des colonels contre les gouvernants qui jouent avec leur honneur ; celle des enfants contre leurs parents et des parents contre leurs enfants ; celle des étudiants contre les professeur qui les désarment devant la vie et des professeurs contre les traditions qui les désarment eux-mêmes ; celle des syndicats contre le patronat et celle du patronat contre l'état ; celle des écologistes contre les nuisances et des paysans contre les écologistes revenus à la terre ; celle des femmes contre les hommes et celle, encore feutrée, des hommes contre les femmes ; celle des foules contre les leaders qui les trompent et des leaders contre les foules qui ne les écoutent pas ; celle des silencieux contre les bruyants et des bruyants contre les silencieux ; et bien entendu, celle de la gauche contre la droite et de la droite contre la gauche sans oublier celle du centre qui tente d'exister. J'en passe et des meilleures.

C'est que l'incendie brule en permanence dans le cœur de l'homme. Il nait avec sa faim, peut être avec sa naissance. Il devient terrible à l'heure de la séparation, lorsque l'enfant est mis au pied du mur : il doit comprendre que le lait de la tendresse humaine ne lui est pas donné pour toujours, qu'on peut le lui refuser, qu'il doit accepter les conditions d'autrui pour avoir quelques chances de faire accepter les siennes ; on peut en mourir ou en devenir fou. Les rescapés, tôt ou tard, sont acculés à affronter les conséquences de leurs choix, à devenir adultes et libres, à rejeter qui les a rejetés, à prendre leurs responsabilités. C'est alors que le feu de la rébellion flambe haut et clair. La sagesse des nations a pris acte du phénomène : on dit partout que la révolte est essentiellement juvénile. Fénelon, prince des directeurs de conscience, pointait déjà « les contestations qui sont si ordinaires aux jeunes personnes peu éclairées ». C'est la vérité ; ce n'est pas toute la vérité. On se révolte encore à 95 ans. Mais la jeunesse est l'âge intense, où tout se bouscule, où tout se théâtralise. « Un enfant, c'est un insurgé » disait Simone de Beauvoir. Forcément, c'est le moment où la sédition se reconnaît avec le plus d'évidence.

Et pourtant, être jeune ne suffit pas. Il y a naturellement, dans la jeunesse, une volonté de conformité, comme un instinct social d'appartenance, un réflexe de survie. Ainsi les émeutes des cités ou les grèves étudiantes n'ont pas les ressorts d'une révolte profonde parce que, loin de combattre un système, elles marquent rageusement la volonté d'y appartenir. Pour les plus âgés, si parfois l'expérience fait naître la lucidité, il y a l'usure, la marque tenace de l'habitude et la protection de l'acquis. « Si tu crains pour ton bien, comment veux-tu faire la révolution ? » disait Renaud.

Si la révolte est au cœur du rêve humain, comme un principe éternel à l'image de la genèse et du « paradis » perdu en échange de la connaissance, la propension à l'exprimer n'a pas d'âge. Que l'on soit jeune ou vieux, le danger, c'est le refus de voir, la fuite.

Les romans, le cinéma, les jeux vidéo ou peut-être tout simplement l'acceptation résignée des convenances sociales sont souvent le refuge du plus grand nombre. Peu de rebelles se mesurent directement avec la réalité. Beaucoup d'entre eux, croyant esquiver l'histoire, cherchent une île, et le plus souvent, ils la trouvent dans une fuite inconsciente, observant la révolte d'un autre, acceptant les contraintes d'un système qui les condamne à ne vivre qu'en fonction des dictats à peine voilés de ce qu'il est convenu d'appeler la raison du plus grand nombre.

« On » ne fait jamais rien. Tel est le pouvoir de l'illusion.

Naturellement, la vie ne peut pas se vivre toute entière sur le mode de l'illusoire. Même les fous reconnaissent l'illusion comme telle, ne serait-ce que par déni de réalité. On peut penser que ce qui définit et cerne l'illusoire, c'est finalement l'instant de la désillusion, que les fous retardent indéfiniment et que d'autres sont bien obligés d'accepter. Mais entre cet instant de terrible lucidité souvent nécessaire et l'instant qui suit, il y a l'homme et ce qui l'habite. Il y a la résignation ou le refus, oscillant entre un référentiel de valeurs et une moralité interne personnelle en passant par cette propension atavique à agir contre l'adversité. Parce que finalement, être un rebelle, c'est refuser de croire au destin. S'insurger, c'est redevenir un enfant, entre la folie et le pragmatisme, c'est penser que tout est possible, encore...

Le révolté, c'est celui qui ne combat pas un système pour y entrer, c'est celui qui lutte pour un nouveau monde. Le révolté regarde l'horizon, c'est celui qui espère plus loin.

Et dans ce monde construit par quelques uns sur un mode linéaire qui nous est présenté comme inéluctable, ce ne sont plus les hommes qui font leurs vies mais la vie qui fait les hommes. Et il ne s'agit pas que de l'évidence de généraux organisant l'oppression contre une population qui n'a plus rien à perdre. Ici, maintenant, la publicité nous accable de stéréotypes, montrant du doigt les déviants, les mal pensants. La télévision nous assomme d'une réalité déformée, prédigérée. Les modes de relations humains ressemblent de plus en plus à un rituel imposé dans lequel nul n'est censé faire son pas de côté. Les riches deviennent très riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Pire, les « élites » se cooptent de plus en plus, parlant désormais leur propre langue adaptée à leur propre univers qu'ils tentent de rendre immuable et universel. Ils sont devenus naturellement aptes à tenir des discours vides, possédant le sens du non-sens et parviennent même à être assez pervers pour cultiver, entre eux et dans leurs écoles, ce don étrange. L'ascenseur social est en panne et les guerres fonctionnent à merveille. Ceux qui sont censés œuvrer pour le commun de tous imaginent un monde sans vision, deviennent arrogants et méprisants dans l'inconscience du bruit qui enfle autour d'eux. Ils ont une volonté fébrile de vider la société de son humanité pour assoir leur pouvoir, entretenant pour les masses l'unique et ardent désir devenu vain de gagner une place à leurs côtés. Le soleil n'a plus une chance de briller pour tous. Il me revient en mémoire ces mots de Céline : « Ce monde n'est, je vous l'assure, qu'une immense entreprise à se foutre du monde. »

Mais soyons confiants. Un extrême attire son contraire. Dans ce pouvoir parfois subtil où la dictature ne s'habille pas que d'uniformes mais aussi de république et de suffrage universel, jusqu'à quel point le pouvoir peut-il être maintenu ? Les révoltés se lèvent comme ils l'ont toujours fait au cours de l'histoire. Un peu partout. Parfois lucides, parfois rageurs mais toujours terribles comme une rupture d'équilibre. Et la rupture, c'est le mouvement.

Alors si la révolte est un signe de progrès, ce que je crois, ainsi un supplément de révolte est révélateur d'un progrès qui s'accélère et l'avenir proche ou lointain ne peut s'énoncer qu'en termes de révolte et de totalitarisme, d'arrogance et d'humiliation. Toujours les deux extrêmes. Le futur, c'est l'hallucination qui rôde en plein présent sous une forme diffuse et malaisée à cerner. Notre quotidien est fait de victoires et de défaites. Nous pouvons concevoir des défaites radicales et des ruptures absolues. Nous le pourrons toujours. Restons éveillés encore.

Insurgés, espérons !


Publié par kristo à 13:06:00 dans Tubulures | Commentaires (0) |

Hoffnung | 29 septembre 2007


Si nous passons de la psychologie expérimentale et objective à la psychologie intime et subjective de notre temps qui s'exprime en poésie, en musique et en littérature, nous trouvons qu'un immense souffle d'ésotérisme inconscient les traverse. Jamais l'aspiration à la vie spirituelle, au monde invisible, refoulée par les théories matérialistes des savants et par l'opinion mondaine, n'a été plus sérieuse et plus réelle. On retrouve cette aspiration dans les regrets, dans les doutes, dans les mélancolies noires et jusque dans les blasphèmes de nos romanciers naturalistes et de nos poètes décadents. On la retrouve dans cette soif populaire de fantastique, de mythe, de mystère. Jamais l'âme humaine n'a eu un sentiment plus profond de l'insuffisance, de la misère, de l'irréel de sa vie présente, jamais elle n'a aspiré plus ardemment à l'invisible au-delà, sans parvenir à y croire.
Quelquefois même son intuition arrive à formuler des vérités transcendantes qui ne font pas partie du système admis par sa raison, qui contredisent ses opinions de surface et qui sont d'involontaires fulgurances de sa conscience occulte.
Ainsi ce passage d'un rare penseur qui a goûté toute l'amertume et toute la solitude morale de ce temps-ci.

« Chaque sphère de l'être, dit Frédéric Amiel, tend à une sphère plus élevée et en a déjà des révélations et des pressentiments. L'idéal, sous toutes ses formes, est l'anticipation, la vision prophétique de cette existence supérieure à la sienne, à laquelle chaque être aspire toujours. Cette existence supérieure en dignité est plus intérieure par sa nature, c'est-à-dire plus spirituelle. Comme les volcans nous apportent les secrets de l'intérieur du globe, l'enthousiasme, l'extase sont des explosions passagères de ce monde intérieur de l'âme, et la vie humaine n'est que la préparation et l'avènement de cette vie spirituelle. Les degrés de l'initiation sont innombrables. Ainsi, veille, disciple de la vie, chrysalide d'un ange, travaille à ton éclosion future, car l'odyssée divine n'est qu'une série de métamorphoses de plus en plus éthérées, où chaque forme, résultat des précédentes, est la condition de celles qui suivent. La vie divine est une série de morts successives où l'esprit rejette ses imperfections et ses symboles et cède à l'attraction croissante du centre de gravitation ineffable, du soleil de l'intelligence et de l'amour. »


Si Amiel n'était habituellement qu'un « hégélien » très intelligent, doublé d'un moraliste supérieur, il fut, le jour où il écrivit ces lignes, profondément habité d'une conscience supérieure. Il s'exprima alors selon son art mais l'on retrouve parfois ces émanations de conscience dans certains poèmes, passages de livres, tableaux, photos ou films.

La foi s'exprime alors, consciente ou inconsciente mais toujours inspiratrice d'une émanation différente qui ne saurait être produite par la seule nature de l'humain. La foi, a dit un grand docteur, est le courage de l'esprit qui s'élance en avant, sûr de trouver la vérité. Cette foi-là n'est pas l'ennemie de la raison mais son flambeau ; c'est celle de Christophe Colomb et de Galilée, qui veut la preuve et la contre-épreuve, provando e riprovando, et c'est la seule possible aujourd'hui.
Pour ceux qui l'ont irrémédiablement perdue, et ils sont nombreux, car l'exemple est venu de haut, la route est facile et toute tracée : suivre le courant du jour, subir son siècle au lieu de lutter contre lui, se résigner au doute ou à la négation, se consoler de toutes les misères humaines et des prochains cataclysmes par un sourire de dédain et recouvrir le profond néant des choses, auquel seul on croit, d'un voile brillant qu'on décore du beau nom d'idéal, tout en pensant que ce n'est qu'une chimère utile.

Quand à nous, mes frères en interrogations, qui croyons que l'Idéal est la seule vérité au milieu d'un monde changeant et fugitif, ne cessons jamais d'espérer!

Gardons cette foi car l'espérance est le moteur des aspirations et des réalisations créatrices de l'homme. En cela, par cela, sans soute sommes nous semblables à Dieu, créateurs des instants à venir, imaginants et réalisants ainsi la réalité au-delà de la réalité, voyant ce qui ne brille que derrière le voile opaque des apparences.


Publié par kristo à 17:00:05 dans Tubulures | Commentaires (7) |

La naissance de Venus - Botticelli | 15 septembre 2007

 


Parfois, dans les reflets d'un rêve, bercé par les eaux de la création, une conscience surgit. Elle me permet d'identifier mes désirs, mes passions, mon animalité.

Cette lueur permet la sortie de la matrice.

Régénéré à la machine créatrice, c'est un premier un voyage qui me permettra, par une transformation intime, de fouler le rivage.

Voir cela, c'est un peu comme regarder « La naissance de Vénus » de Botticelli. Debout sur un coquillage flottant lui-même sur les vagues apaisées, elle n'est pas encore sur le rivage. Son visage est serein, gracieux, méditatif.
Zéphyr, le Dieu du vent souffle pour la pousser sur la plage. Elle est nue et selon les canons de l'époque, sa beauté est parfaite. Elle dissimule cependant ses seins de son bras droit. Par sa main gauche tenant gracieusement une mèche de cheveux elle couvre pudiquement son sexe.

Une nymphe lui tend un manteau de pourpre marquant ainsi la frontière entre deux domaines : le nouveau-né comme le mort est toujours enveloppé dans un linge.

Tout y est : sérénité, douceur, sensualité, sexualité, passion, transition, voyage. Vénus naissant de l'écume de la mer, innocent reflet du désir, se prépare à accomplir son voyage spirituel. A ce stade, je la vois comme l'anti-thèse de la vierge Marie, perfection de la beauté spirituelle.

Pourrait-il alors s'agir d'une Isis dévoilée, sereine, délicieuse de beauté et d'innocence ?

Dans tous les cas, ce tableau reste fascinant et superbe !

 

 

Publié par kristo à 20:48:08 dans Tubulures | Commentaires (0) |

La ligne rouge. | 07 septembre 2007

Certains films impriment en vous une marque indélébile. Toujours, ces œuvres là, celles qui entrent en vous, ce sont celles qui soulèvent vos sentiments et vos émotions. Ce sont celles qui vous blessent, vous bouleversent, vous amusent ou vous étonnent.

Parfois, c'est aussi parce qu'elles réactivent en nous des souvenirs cachés, enfouis, patiemment confinés dans les limbes de notre cerveau. C'est un phénomène connu. Une sorte de geste d'autodéfense à un moment de notre vie où ne nous sommes pas prêts à faire face aux évènements et à leurs conséquences. Une période de nos existences qui s'est déroulée comme dans un rêve ou un cauchemar éveillé.

Je me rappelle ce temps là, dont personne n'a jamais rien su, dont personne ne sait plus rien. Les autres qui restent doivent, comme moi, avoir caché tout ça. Mais l'on peut toujours enterrer son passé : ce n'est pas la bonne solution. Il faut l'accepter et en tirer des leçons. « Nul passé ne mérite d'être revécu ». N'est-ce pas ?

J'étais jeune alors. J'étais fait de métal. J'étais invincible, dans une forme physique supérieure à la moyenne. J'étais un fauve, élastique et dangereux. J'ai aimé être cela. Je crois que je me posais peu de questions.

Ce pouvoir étrange, ces sensations malsaines... Je lisais la peur dans le regard des autres et cela me renforçait. Je me nourrissais de cette émotion addictive. J'ai aimé l'adrénaline provoquée par la mort toujours proche et ce sentiment de triomphe lorsqu'elle s'éloignait, ayant frappé ailleurs, juste un peu plus loin. Je m'enorgueillissais de mon aptitude, de mon instinct à pouvoir, d'un geste lucide et technique, avec une sérénité méthodique, avoir le choix de donner la mort ou pas... J'aimais le contact rassurant du fusil contre mon épaule. Le bruit occasionné par le mouvement synchronisé de ses pièces d'acier poli m'apaisait. J'étais un prédateur et il m'a fallu du temps pour considérer la conscience de la proie. Il m'a fallu du temps alors pour assimiler que le mal était dans l'inconscience des conséquences, dans l'immoralité des justifications et dans l'enfer de la manipulation.

C'était un autre temps et un autre pays que dans le film. Mais tout le reste est la même chose. Etrange d'ailleurs de voir les similitudes. La peur, le courage résigné, les amis et les ennemis qui tombent. La fille qui est censée vous attendre et à l'image de laquelle vous vous rattachez comme à une planche en pleine mer. Les balles qui sifflent, le coup de feu que vous entendez une éternité après avoir été touché. Il y a la douleur, le plaisir malsain, la haine et la folie. Il y a aussi les gestes simples, l'amitié, le dévouement et la compassion. Il y a la nature autour, indifférente, comme un spectacle surréaliste dans sa beauté, dans sa force et sa capacité à garder la vie. La guerre exacerbe tout ce qu'il y a d'humain en nous, le pire comme le meilleur. C'est bien là son seul intérêt.

C'est à croire que dans ces moments là, ceux qui les ont vécu finissent par considérer les mêmes visions. Ils atteignent souvent la même « ligne rouge ». J'étais alors un peu plus dans la peau du personnage de Sean Penn et comme pour lui, le vrai déclic s'est fait après l'irrémédiable. L'étincelle a jailli alors que la nuit fut tombée ailleurs, injuste...

Je regarde ces épaulettes dorées et le joli croissant de lune qui garnissent les gallons. Je les avais gardées comme un trophée. Je revois le visage de cet officier dont je ne comprenais pas la langue, les yeux basculant dans la mort, emplis d'une terrible lucidité. Je revois ce passage court, de la vie à l'absence de vie. Un voile dans le regard... Je garde aujourd'hui ces gallons comme un remord, comme un mémorial personnel à l'inconscience.

Alors à toi comme pour les autres, à vous tous qui étiez là, à vous tous qui êtes encore dans cet enfer, un peu partout dans le monde, notre seule chance est de garder l'étincelle.

Soldats : pardonnons-nous. Que pourrions nous faire d'autre ?

Ne jugez pas, vous qui lisez cela. Vous n'en n'avez ni le droit ni la légitimité. Nous même ne parvenons pas à le faire. Ou est le bien, ou est le mal ? Le chaos seul reste le maître. Qui donc pourrait peser les âmes à part Dieu ou ce qui peut lui ressembler ? Regardez et tournez votre oeil intérieur sur ce que vous auriez fait vous-même. Ne cherchez pas de réponses.

De ce temps là, j'ai sauvegardé ma capacité à m'émouvoir et j'ai gardé l'acuité de mon regard, posé, non plus sur la mort mais sur l'incroyable et fascinante beauté de la vie. Depuis ces instants là, je ne crois fondamentalement plus qu'en la vie et en l'au-delà des formes incarnées. Cette expérience m'a transformé. C'est déjà ça !

Je sais que j'en garderais toujours le souvenir amer, mais il y a encore de la place pour la rédemption, la douceur envers soi-même et les autres. Il y a encore des temps pour le rire, la légèreté, l'émotion et l'amour. Il y a du temps pour la vie, pour l'instant présent !

Les extraits du film que j'ai (mal) montés sont ceux qui évoquaient le plus de choses en moi. Les dialogues et les monologues sont magnifiques et sincères, éprouvés sans aucun doute. C'est la raison pour laquelle j'ai légèrement transformé la bande son. Voilà...


Tout est un mensonge. Tout ce qu'on entend, tout ce qu'on voit. Il en dégueule de partout. Ca n'arrête pas. Un mensonge après l'autre. T'es dans une boîte, une boîte qui se déplace. Ils veulent que tu meures ou que tu mentes avec eux. Il n'y a qu'une seule chose à faire : trouver quelque chose qui est à soi. Se fabriquer une île. Si je ne te revois pas dans cette vie, que j'en ressente le manque. Jette moi un regard, et ma vie sera à toi.

 

De la lumière aux ténèbres, de l'amour au conflit, ce sont les œuvres d'un même esprit, les traits d'un même visage. Oh, mon âme, recueille moi maintenant. Regarde à travers mes yeux les choses que tu as créé. Tout est lumineux !








Publié par kristo à 12:34:23 dans Tubulures | Commentaires (3) |

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